Raisons derrière la création d'une équipe informatique d’élites au Rwanda par le Groupe DMM: Raconté par un tanzanien, diplômé de l'Université de Tokyo en mission

HeHe Labs, maintenant acquis par le Groupe DMM.com, a été fondé par Clarisse Iribagiza en 2010, alors qu'elle était étudiante en quatrième année de l'université. (Photo: DMM.com)

"Investir 10 milliards de yens en Afrique au cours des 5 prochaines années." Il y a un an et demi depuis que le Président de DMM.com Co., Ltd. (DMM), Keishi Kameyama, a révélé le plan d'expansion du Groupe en Afrique. La division Afrique de DMM a depuis lancé ses activités en Afrique de l'Est, en particulier au Rwanda. DMM a acquis 100% de participation au capital au sein de HeHe Labs, une société de développement et gestion de logiciels, et a depuis renommé l'entité commerciale «DMM.HeHe». En même temps, DMM a annoncé avoir injecté des capitaux au sein de AC Group, structure qui gère le système de payement électronique pour transports en commun.

DMM est un conglomérat japonais d’internet, dont les revenus s'élèvent actuellement à environ 200 milliards de yen par an, provenant essentiellement de son large éventail d'affaires en ligne, comprenant la plate-forme en ligne d'échange de devises, les jeux en ligne, l'apprentissage de l’anglais en ligne et beaucoup d'autres services. DMM diversifie ses investissements afin d’élargir ses offres d'affaires dans des domaines tels que l’appui à la fabrication des produits divers et le partage des différents services d’économie. La division Afrique de DMM est l'une des divisions du Groupe nouvellement lancées.

La compagnie cible est une entreprise attrayante au Rwanda

Modèle de jeunes entrepreneurs au Rwanda, Clarisse Iribagiza, PDG (à gauche), et Alex Kapungu (à droite) (Photo: DMM.com)

Pourquoi DMM a-t-il procédé ainsi pour acquérir HeHe Labs? «L'objectif ultime est de créer une société technologique de premier plan en Afrique. En accumulant de l'expérience dans le lancement de différentes activités, DMM cherche à établir un vaste réseau dans lequel nous pouvons développer une large panoplie d'entreprises technologiques», a déclaré Alex Kapungu, Manager de la division de DMM en charge d’affaires en Afrique.

Ayant l'intention de jouer un rôle clé dans l'expansion des bases de sa compagnie technologique en Afrique, cette vision a encouragé DMM à acquérir HeHe Labs. La fondatrice de HeHe Labs et l'actuelle PDG de DMM.HeHe, Clarisse Iribagiza, est une icône parmi les femmes entrepreneurs au Rwanda - plébiscitée et présentée dans le magazine Forbes - qui a été élue parmi les 30 entrepreneurs les plus prometteurs de moins de 30 ans en Afrique.

Clarisse a eu l’idée de fonder HeHe Labs en 2010, pendant sa quatrième année à l'université, alors qu'elle participait à un hackathon, un événement où des ingénieurs et designers forment un groupe et se concentrent pour créer de choses géniales ensemble. Bien qu'auparavant, HeHe Labs focalisait ses activités sur le traitement de demandes de développement d’équipements originaux de la part d'entreprises locales ou d'ONGs, leurs connaissances acquises en matière de développement de logiciels permettent maintenant à HeHe Labs de fournir des services de développement de logiciels à tous les consommateurs en général.

Pour réussir ce changement, le Président actuel de DMM.HeHe, Alex Kapungu, est en charge de la gestion stratégique; alors que la gestion des produits est toujours assurée par Clarisse Iribagiza, la PDG, grâce à ses connaissances en ingénierie. Ils prévoient d'augmenter leur recrutement à 50 personnes d'ici un an, puis à moyen terme, à 100 (40 pour les ingénieurs, 20 pour les ventes et le reste pour le conseil en informatique pour les entreprises locales).

Le commerce électronique a été le premier domaine sur lequel ils ont jeté leur dévolu. Outre le fait qu'il n'existe pas encore de distributeur spécifique ayant le monopole au Rwanda, le réseau logistique de livraison aux clients finals n'a pas non plus été établi. Ils ont également conceptualisé un système où ils utilisent des chauffeurs de taxi-motos autour des villes, principalement à Kigali, la capitale nationale, pour transporter les bagages jusqu'aux consommateurs. D'ici la fin du mois de juin, les services concernés seront publiés au plus tôt, ont-ils ajouté.

Pourquoi DMM a choisi le Rwanda

Le Rwanda se développe très rapidement, avec le gouvernement qui fait la promotion des investissements étrangers. (Photo: DMM.com)

Il y a une raison concrète pour laquelle le premier choix d’installation de la base informatique de DMM en Afrique a été porté sur le Rwanda. Le pays est passé par un génocide, qui a eu lieu suite à l'assassinat de l’ancien président rwandais en 1994. Cependant, malgré ce revers tragique dans son histoire nationale récente, le Rwanda s'est rétabli avec succès, après avoir tourné le dos à cette période difficile, puis a pris le chemin de la croissance économique à travers ses politiques nationales de sécurité et d'éducation. Ce redressement et ce rétablissement incroyables ont permis de surnommer actuellement le Rwanda "le miracle de l'Afrique".

Grâce à ce progrès enregistré, le Rwanda est en train de se procurer d’une réputation de devenir pour ainsi dire le «Singapour de l’Afrique». L'abaissement des taux d'imposition sur le revenu n'est qu'un exemple de la façon dont les politiques rwandaises attirent les entreprises d’informatique de l'étranger et favorisent la croissance des entreprises locales en phase de démarrage ou startups.

De plus, la réactivité et la politesse des représentants du gouvernement et des fonctionnaires sont incomparables par rapport à celles des autres pays africains. "Cela n'arriverait pas à d'autres pays que le Rwanda". À titre d'exemple, j'ai personnellement reçu un courriel du Ministre du Développement du Rwanda, me demandant si j'avais des difficultés pendant le processus de visites organisées pour accéder dans certains immeubles abritant les bureaux en charge du soutien aux expatriés en ce qui concerne les visas.

La division Afrique de DMM a une variété de talents, y compris des anciens employés d'entreprises commerciales japonaises et ceux qui ont travaillé en tant que volontaires Japonais pour la coopération à l’étranger ou volontaires de la JICA (Japan Overseas Cooperation Volunteers - JOCV); un groupe également composé de plusieurs nationalités. Cependant, malgré l'ensemble de ces groupes, sans le leadership d'Alex Kapungu - qui a répondu à cette interview très couramment en japonais - ce projet basé au Rwanda n'aurait pas eu de succès.

Alex Kapungu, originaire de la Tanzanie, a toujours cherché des opportunités pour ramener des entreprises étrangères dans son pays d'origine (Photo: l'auteur)

Alex est originaire de Tanzanie, qui est situé juste à côté du Rwanda. Après son diplôme d'études secondaires en Tanzanie, il est venu au Japon grâce à un programme de bourses financé par le Ministère de l'Éducation japonais pour passer une année dans une école de langue japonaise, puis à l'Université de Tokyo. Il a fait 6 ans d’études de pharmacie jusqu'à ce qu'il soit diplômé de l'École Supérieure des Sciences Pharmaceutiques de l'Université de Tokyo. Il a emprunté ce chemin spécifique comme il imaginait qu’étudier la pharmacie l'aiderait directement à lancer des affaires pareilles dans son pays natal, la Tanzanie.

Cependant, il a découvert que son idée était immature. Un investissement financier important sous la forme de dépenses en capital est nécessaire pour développer ces genres d’affaires. Il était pratiquement impossible de réaliser une telle initiative dans les pays en voie de développement.

Bien qu'étant perplexe devant le fossé entre le rêve et la réalité par rapport aux projets commerciaux qu'il envisageait, Alex apprit qu'un de ses amis postulait à un emploi chez Rakuten, une société japonaise de commerce en ligne, qui l'intriguait. Bien qu'il ait rejoint Rakuten avec beaucoup de ses idées d'affaires, il a quitté Rakuten deux ans après son arrivée car "il n'y avait aucun plan d'expansion de leurs affaires en Afrique et commencer une entreprise par moi-même tout en étant jeune paraissait impossible à Rakuten", a déclaré Alex. Après avoir quitté Rakuten, il a rejoint une société de sous-traitance pour produits pharmaceutiques et dispositifs médicaux.

Une décision cruciale de participer au projet de DMM.Africa

Bien que Alex fût effectivement de retour dans l'industrie pharmaceutique qu'il aimait, il ne se sentait pas à l’aise d'abandonner son rêve de «ramener les entreprises dans son pays d’origine». En cherchant de telles opportunités, il a rencontré DMM.Africa sur son chemin. Il s'est immédiatement intéressé à un projet intéressant mais excentrique proposé par Keishi Kameyama, Président du Groupe DMM, qui permet de voyager dans n'importe quel pays d'Afrique, avec une enveloppe de 1 million de yens (environ 10 mille dollars américains) en espèces pour faire une recherche, sur place, jusqu'à épuisement total du budget alloué.

Après une réflexion murie à cette question difficile de savoir s'il devait quitter son emploi actuel, Alex s'est rendu compte de l'ampleur de la rareté de cette opportunité et a décidé de rejoindre le projet de 1 million de yens de voyage en Afrique lancée dans le cadre de DMM.Africa.

Immédiatement après avoir rejoint DMM, il a fait une étude de marché sur la Tanzanie et la République Démocratique du Congo pour les trois premiers mois. De retour au Japon, il a suggéré que DMM démarre des sites-web de service permettant de faire de réservations d’endroit pour mariages et aussi de mettre sur pied des services informatiques. Parmi eux, il a fortement suggéré la nécessité d'avoir une base physique d'équipes de développement de services en Afrique, ce qui a conduit à cette acquisition de HeHe Labs en avril.

L'objectif d'Alex n'est pas seulement de se pencher sur l'expansion des activités de HeHe au Rwanda. Il raconte sa vision comme «La construction d'une organisation solide au Rwanda, qui sera un groupe d'ingénieurs capable d’œuvrer dans de divers domaines informatiques tels que IoT (objets connectées), AI (intelligence artificielle), Fintech (technologie financière) et plus encore. Nous mettre au défi de développer nos activités dans d'autres pays africains, en Amérique du Sud, en Amérique du Nord et au-delà.»

Bien que DMM ne divulgue pas les détails et les montants de ses investissements et acquisitions, il semble y avoir plus de marge de manœuvre pour atteindre la limite d'investissement susmentionnée de DMM estimée à "10 milliards de yens dans les 5 prochaines années". Inutile de dire que, compte tenu de la poursuite de l'expansion prévue au Rwanda et au-delà, telle que déclarée dans la vision de DMM.Africa, il semble très probable que d'autres projets commerciaux seront établis dans d'autres pays africains par DMM. Ce n'est que le début du voyage de DMM dans la Grande Afrique.

Le contenu de cette page web est une traduction en français de la version anglaise, traduite elle-même de son article original couvert par un média japonais «Toyo Keizai Online». Cliquez ici si vous souhaitez également accéder au texte original en japonais: http://toyokeizai.net/articles/-/172888

DMM.Africa Brief

Since its inception in September 2015, DMM.Africa has been founded as the frontline of DMM.com's company-wide effort to go global. Given the inevitable future that is defined by abundance of opportunities and explosive population growth, Africa has been designated as the next frontier of DMM.com and other leading global businesses. To secure our best footing in this uncharted territory, we are proceeding at full speed to build our operational base and our new core businesses in Africa. Towards that, in 2016, we hosted one of the largest business competitions the continent had seen: DMM.Africa Presents ABIC---Africa Business Idea Cup. As symbolised by our hosting of ABIC, our commitment remains to continue exploring the best local ventures, talents, and partners across and beyond the industry segments we've known.